C’est étrange, mais dans la culture populaire, les artistes sont souvent représentés comme des individus lunatiques et excentriques qui boivent trop et bien pire. Pourtant, je ne suis jamais plus calme ni moins frénétique que lorsque je peins, que je planifie une peinture ou que je pense à peindre, car cela exige tout de moi, et je suis prêt à le donner. Pour moi, faire de l’art est une île de raison dans un monde étrange. C’est le seul endroit où je peux donner un sens à ce que je sais mais ne peux pas exprimer avec des mots. Et ce n’est pas un savoir exalté ou quelque chose du genre. Tout le monde le connaît. Mais tout le monde reste également muet à ce sujet. Peut-être que quelqu’un croisera mon œuvre et qu’il ne se contentera pas de la voir, mais qu’il la reconnaîtra. Et c’est ma conversation préférée, parce que c’est quelque chose qui peut se produire avec des personnes ayant des expériences très différentes des miennes, des croyances différentes, des goûts et des dégoûts différents, et pourtant, pendant un instant, nous avons un petit accord sur la condition humaine. Mi casa, su casa.
Le reste concerne ma relation avec la peinture. J’aime tout dans la peinture. J’aime la couleur, la texture, l’odeur. Je peux discuter avec elle, la pousser, mais surtout, je peux lui faire confiance. L’atelier est l’endroit où je peux continuer à développer cette compétence. C’est aussi l’endroit où je peux briser (mais silencieusement) les liens de ma politesse et retenue canadiennes. Ces mains, qui sont gantées la plupart de l’année, se salissent. Ces étendues enneigées que je trouve si captivantes ne vivent pas seulement à l’extérieur. C’est merveilleux de se lever le matin et d’aller colorer mon monde.
















